Philosophie

Le vitalisme

Pour mieux approcher la réalité de l’homéopathie l’esprit humain a besoin d’une conception vitaliste de la vie et de l’homme. Selon cette conception, il existe en tout être vivant, une force de vie qui organise la matière pour lui faire recevoir et développer le processus de la vie. Parmi les êtres vivants, cette force anime l’homme. Elle le fait d’une manière particulière puisque l’homme a des capacités que n’ont pas les autres êtres vivants.

À l’opposé de cette conception, le mécanisme soutient que la vie s’organise à partir de la matière et de ses propriétés intrinsèques. Ainsi, les processus chimiques suffisent à expliquer le fonctionnement des organismes vivants. L’ADN est réputé être la molécule qui contient tout le code de ces êtres. Sa constitution et son action ne s’expliquent que par les lois de la chimie.

De nos jours, nous sommes habitués à la conception mécaniste de la vie. Mais elle ne va pas sans poser des problèmes comme par exemple celui de savoir si la pensée est indépendante ou non des processu

s physiques et chimiques dans le cerveau. Ce sont ces difficultés que tente de résoudre la conception vitaliste. L’homéopathie en est un exemple.

C’est de ce vitalisme, à l’instar de celui de l’ancienne école médicale de Montpellier qui suit la doctrine d’Hippocrate, que découle l’idée de l’autocapacité de guérison de l’individu vivant. Les médecins homéopathes cherchent à soutenir ou susciter cette propriété du vivant.

Le vitalisme apparait pour beaucoup comme une conception ancienne et dépassée. De fait, après avoir nourri la pensée scientifique, notamment pendant les 18e et 19e siècles, bien vivante encore au début du 20e, elle semblait avoir perdu la partie. Mais des philosophes comme Georges Canguilhem, dansla deuxième moitié du 20e siècle, préviennent de l’intérêt qu’elle conserve. Des articles et ouvrages récents la remettent à l’honneur.

Tout le corpus « doctrinal » de l’homéopathie découle de la conception vitaliste du vivant (je dis bien le vivant, tant et si bien que l’homéopathie est efficace sur les animaux et que les homéopathes vétérinaires sont parmi les meilleurs connaisseurs de cette science médicale). Il s’adapte bien à l’expérience de Hahnemann lorsqu’il découvre la similitude à partir des effets du quinquina.